Histoire

La région des Laurentides est le fruit d’un mouvement de colonisation qui s’étire jusqu’aux hautes vallées des rivières Rouge et du Lièvre et dont les racines s’étendent le long de la rivière des Mille-Îles. L’effort de peuplement du « Nord » connaît son apogée à la fin du XIXe siècle, sous l’influence du curé Labelle de Saint-Jérôme.

Avant la colonisation française, on ne retrouve aucun établissement humain permanent dans la région. Des peuples Algonquins, essentiellement nomades, occupent alors le territoire. Les premières seigneuries sont concédées sous le régime français. Il faut cependant attendre l’époque britannique pour voir apparaître les premiers villages : Saint-Eustache (1769), Sainte-Anne-des-Plaines (1787) et Sainte-Thérése (1789).

Antoine LabelleC’est le long des cours d’eau que s’établissent les premiers peuplements. D’abord le long de la rivière des Mille-Îles, puis des rivières Mascouche, aux Chiens et des Chênes. Durant les années 1830 la plupart des terres cultivables étant occupées, l’accroissement de la population déborde sur la rivière du Nord. Ses basses terres sont alors occupées par des colons anglophones qui s’installent à Saint-André (1830) et Lachute (1878). Dans sa haute vallée, la route permet aux colons francophones d’atteindre Saint-Jérôme (1834), Sainte-Adèle (1852) et Saint-Sauveur (1853).

Alors que la région connaît une période d’exode de sa population rurale vers les industries de Montréal et des États-Unis, une importante vague de colonisation est amorcée vers les hautes vallées des rivières Rouge et du Lièvre. Le curé Labelle de Saint-Jérôme en est le principal promoteur. Ses efforts mènent à la création de nouveaux villages, dont Saint-Jovite (1879), Labelle (1880), Nominingue (1880) et Mont-Laurier (1895).

Le peuplement se fait surtout par voie terrestre. Bien que les principaux cours d’eaux s’écoulent vers la rivière des Outaouais, au sud, la colonisation prend une direction nord-ouest. L’arrivée du P’tit train du nord au tournant du XXe siècle vient d’ailleurs consolider cet axe de développement.

Au début du XXe siècle, l’agriculture amorce son repli. La vallée de la Nord se tourne alors vers l’industrie touristique. Le ski et l’arrivée des trains de neige permettent le développement d’établissements hôteliers luxueux, ouverts à l’année. La zone récréative s’étend de Saint-Sauveur à Sainte-Agathe, et déborde rapidement jusqu’à Mont-Tremblant.

Rope TowLe développement de l’automobile dans la deuxième moitié du XXe siècle sonne le glas du P’tit train du nord. Ce dernier est graduellement remplacé par la route 117, elle-même doublée par l’autoroute 15. Les déplacements autour de Montréal s’intensifient. La banlieue prend vie au nord de la rivière des Mille-Îles, et s’étend jusqu’à Mirabel, où se trouve le nouvel aéroport international de la métropole.

Un changement au régime des concessions forestières permet l’émergence d’une industrie de la transformation du bois plus importante. Durant les années 1990, l’industrie touristique bénéficie aussi d’un second souffle. Des investissements massifs atterrissent alors dans la région, principalement autour de Mont-Tremblant. Dans la zone métropolitaine, malgré la fermeture partielle de l’aéroport de Mirabel et celle de l’usine d’assemblage automobile General Motors de Boisbriand, la structure industrielle demeure dynamique. La banlieue s’y est installée.

 

Référence : LAURIN, Serge, Histoire des Laurentides, Institut québécois de recherche sur la culture, collection Les régions du Québec, numéro 3, 1989, 892 p.

 

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